House of Souls

exposition photographique et immersive sur le deuil périnatal les 22 & 23 janvier 2022 à Bruxelles.

Cette campagne de financement fait suite à une première campagne de crowdfunding sur Ulule : https://fr.ulule.com/house-of-souls-exposition-photographique-immersive/ Grâce à vos soutiens, cette fois, l’exposition peut enfin se réaliser en janvier prochain !

House of Souls est une exploration intime du parcours de femmes et d’hommes confrontés à une fausse couche ou à une mort in utéro.

En créant une alcôve où la photographie sert de porte à la circulation de leurs paroles, je nous invite toutes et tous à nous confronter à la réalité de ces évènements.

En avançant dans le processus de création photographique et en suivant leur parcours de deuil vers une forme de résilience, nous accédons à la nécessité d’une meilleure prise en compte collective de leurs traversées. 

« Je ressens peut être plus les choses qui se passent dans mon ventre parce que je pense que quand on a été à l’écoute, c’est bête, mais ce genre de gargouillis, de choses comme ça… Je les ressens plus… Ou des mouvements qu’on peut avoir dans l’utérus. Ces choses-là je les ressens plus, qui peuvent d’ailleurs être ressenties comme des coups… Je touche mon ventre encore souvent aujourd’hui, c’est une maison »

Julie M.

« Je me demande si on se rend compte des choses quand on ne passe pas par ces expériences-là, et à quel point il se passe des choses dans notre corps. Parce que je t’avoue que, admettons, si j’avais eu mes deux filles, je ne sais pas si je me serais autant écoutée, si je me serais autant posée de questions sur mon corps, autant été à l’écoute…  En fait c’est comme si je renaissais à moi-même, parce que je suis dans quelque chose de plus authentique à moi-même. »

Julie D.

Préambule

Depuis que je suis très jeune, je suis comme envoûtée par les ventres. Cette région cachée derrière le nombril, cet espace central du corps, où tu commences. Le ventre, l’image de la vie par excellence, où la vie apparaît, parfois miraculeusement, puis grandit ou disparait. Pour les femmes et aussi pour les hommes, le ventre, le sacral, représente l’énergie vitale. C’est le lieu des émotions qu’on montre, crie, dévoile, garde enfouies. Certains l’appellent le « deuxième cerveau » : reflet de nous-mêmes, de notre histoire passée, de nos blessures. Il détient la mémoire du corps, de ce corps, de notre corps. Un esprit peut oublier mais notre corps n’oublie jamais. Ce ventre est pour moi comme l’encre indélébile de notre vie, de notre passé, de nos blessures, de nos forces. C’est un véritable miroir de ce que nous sommes, voulons être. Notre maison de l’âme.

Je pense depuis plusieurs années à créer un projet photographique autour de ce que j’appelle “House of Souls” - la maison des âmes. Il y a quelques mois, l’appel de ces ventres est venu me rattraper d’une façon viscérale alors que j’ai fait une fausse couche. La sensation primaire de vie s’est confrontée pour la première fois brutalement à celle de la mort.

Dans un bout de moi, quelque chose s’est rompu.

Quelque chose qui, je le sens intimement, me suivra pour toujours. Très vite, des questions sont venues me chambouler ; elles sont intimement liées à l’envie de donner vie à ce projet d’exposition.

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Le Dispositif

Pourquoi est-on autant percuté par quelqu’un qu’on perd alors qu’on ne le connaît pas ou qui n’est pas encore ‘quelqu’un’ ? Pourquoi est-il si difficile de l’évoquer ailleurs qu’en soi ? Pourquoi avons-nous besoin de transformer cet événement en quelque chose de ‘positif’, d’en faire quelque chose ? Comment montrer la vie qui se renouvelle en parlant de la mort ?

Ces réflexions mêlées évoquent quelque chose qui nous touche au plus profond de ce que l’on est. Une fracture intime, invisible… et pourtant bien réelle. La plaie ouverte d’une parole difficile à libérer et à entendre pour l’autre, que ce soit dans le cercle privé, amical, familial ou à plus grande échelle.

Ces premiers sentiments m’ont donné envie de me renseigner sur les histoires d’autres parents ayant été confrontés à cette perte, celle d’un fœtus ou d’un bébé à l’intérieur du ventre de la mère. J’ai alors recueilli des témoignages de mamans et de papas endeuillés parfois depuis plusieurs années. Toutes et tous, m’ont remis en évidence le fait d’une parole impossible à dire. Où seuls les cercles de parents endeuillés, les thérapeutes spécialisés, semblaient formés à recevoir cette parole, et à l’entendre, la comprendre, lui donner un sens. Il y avait donc un besoin évident de dire, dans un spectre plus large, sans honte, ni tabou. Sans jugement. De sortir de soi pour interpeller le collectif.

Aussi, parallèlement, j’ai pris personnellement conscience d’un véritable deuil à faire et de quelque chose à ‘transformer’. Que cela soit dans la fausse couche ou dans la perte d’un bébé in utéro, toutes et tous m’ont relayé ce deuil d’un « quelqu’un » pour qui l’on avait souvent projeté très tôt beaucoup de choses ; des souvenirs à vivre et à partager ensemble. Et aussi étrange que cela puisse paraître, même dans une fausse couche précoce, cette sensation s’exprimait dans la plupart des cas. Chez les deux, le corps marqué de la femme par une présence, même courte, m’a donné l’envie de créer un espace pour cette trace indélébile à garder, et à faire voir.

Lorsque j’ai décidé de terminer les entretiens par la prise photographique du ventre de la femme j’avais pour désir, au travers de ce volume s’imposant en cadre serré à l’image, de montrer cette « trace » qu’on garde en soi, qui n’a pas pu sortir de soi, et qui pourtant reste, le temps passant, indélébile. Une forme d’abstraction fantomatique qui tout à coup, prend toute la place de ce que l’on peut observer. D’une histoire qui s’ouvre et se dévoile, d’une fracture intime qui s’exprime et qui se révèle féconde d’autre chose.

Car ce deuil dans lequel les parents sont inévitablement plongés, est souvent vécu très différemment par les très proches, l’entourage professionnel ou les amis. Le bébé n’ayant pas pu être présenté, vu ou complètement formé dans tout ce qui ferait de lui un être humain ; il y a un vrai choc entre le ressenti des parents, qui ont nourri depuis plus ou moins longtemps la venue de ce bébé et se confrontent au vide, à l’absence, par rapport aux ressentis des personnes extérieures, pour qui cette conscientisation ne s’est pas faite concrètement et dont le corps n’a pas été impacté. Il y a un non-événement pour les proches, la rencontre de l’enfant mort se faisant dans un cercle très restreint qui n’est pas un événement social. Ni sa vie, ni sa mort ne l’étant.

Le processus photographique et ces réflexions m’ont donné l’envie de travailler autour de cette parole à recevoir, de ce chemin de deuil à entamer par les parents, pour arriver, malgré tout, à en sortir quelque chose ; de ce chemin de compréhension de la part de la société sans gommer l’événement ou leur parentalité. Tous, étaient dans un ‘devenir parents’, avaient commencé ce processus de parentalisation. Ce qui m’intéresse c’est de nous mettre toutes et tous face à leur parole, face à cette partie d’eux-mêmes qui est endeuillée, face à ces ventres imprégnés non pas de quelque chose de « faux » ou d’un événement lambda et, au travers de leur travail de deuil et de résilience de nous questionner nous-mêmes sur une nécessité d’évolution dans notre rapport à ces morts précoces.

Cette exposition est une volonté d’entrer en dialogue avec le visiteur, d’ouvrir au soi de chacun et de poser la question de l’intime au sein du collectif.

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Scénographie/Mise en espace/Exposition

L’idée est de faire vivre la première mise en espace de l’exposition dans un lieu singulier que je co-gère avec mon frère dans les Marolles, au cœur de Bruxelles. Sea of Clouds, ce lieu particulier, de 180 mètres carrés est un centre de flottaison.

Il est découpé en plusieurs espaces distincts et permettrait de donner à l’exposition une scénographie différente, singulière ; de permettre aux visiteurs « d’entrer » dans une mise en espace sensorielle, visuelle, organique.

Dans chaque pièce, les codes changent. L’exposition se veut vivante. Nous proposerons une expérience d’attention, une introspection au cœur de soi. Ici, chacun.e plonge dans un voyage personnel.

Enfin, puisque le centre est spécialisé dans la flottaison (nous avons des bassins de flottaison, contenant 1000 litres d’eau et 600 kg de sel d’Epsom, permettant au corps de « flotter », d’être en totale apesanteur, dont les bénéfices sont à la fois physiques, créatifs, méditatifs, relaxants), l’espace offre une troisième possibilité, encore plus sensorielle et immersive, celle de terminer le parcours d’exposition dans une bulle de flottaison.

L’enjeu du parcours que nous entreprenons dans ce travail étant la reconnexion à l’intime, l’intime du ventre, à la sensation intérieure, nous trouvons cela important de faire résonner le travail perçu, vu, visité, pour se reconnecter à l’intérieur de soi. Inviter chacun.e à sa propre (re)connexion à ses sensations, à ce second cerveau qu’est le ventre. Le cocon de flottaison, de par sa forme et l’eau qu’il contient, rappelle l’intérieur du ventre de la mère. C’est le temps du retour à soi, au calme, à l’apaisement et à la digestion des informations transmises par l’exposition.

A quoi va servir le financement

Si j'ai choisi de porter ce projet sans être dans un désir de rétribution financière me concernant, il reste néanmoins des frais incompressibles, tant dans les salaires des personnes qui collaborent avec moi que dans la bonne mise en place de l'exposition.

Ce qui a déjà été réalisé (sans budget - à mes frais) :

- une quarantaine d'entretiens vidéos en présentiel ou à distance de mamans et de papas

- les photographies des ventres de femmes : nous avons pu utiliser la salle qui servira de salle immersive pour l'exposition (à titre gratuit ce qui a considérablement réduit les frais)

- la transcription écrite de tous les entretiens

Ce qu'il reste à faire grâce à votre soutien :

- la retouche des photographies et leurs tirages

- le montage audio et vidéo de la salle immersive et de l'exposition

Obtenir 5000€ nous permettrait d’avoir le financement concret de l'exposition :  


- Achat de matériel et mise en place : les papiers d'impression, frais d'édition, accessoires pour le montage ... : 2875 €

- Location du laboratoire argentique pour les tirages : 250 €

- Rétributions de mes collaborateurs sur le projet (photographe et retranscription) : 1275€

- Frais liés aux contreparties : 600 €

Je précise que les contreparties concernant les séances de flottaison vont bien dans le financement du projet et ne sont nullement un moyen de vendre des séances de façon détournée pour le centre. Le projet est soutenu par le centre depuis le début, à titre gratuit, tant dans le prêt des lieux pour les entretiens et photographies, que pour la mise en place de l'exposition.

Si ce palier est atteint, la somme restante permettra à la suite du projet de se mettre en place... à savoir, le film documentaire sur cette même thématique. 

Et après? Le projet continue?

Ouverture / la suite après l’exposition : House of Souls, le documentaire

Parallèlement au processus en présentiel, aux interviews filmées et au travail photographique, j’ai eu la chance d’être contactée par des femmes du monde entier, qui souhaitaient apporter leur témoignage, leur participation active au projet.

Depuis plusieurs mois, je consacre régulièrement du temps à des entretiens filmés via l’application Zoom ou en présentiel. Ces échanges, même s’ils sont parfois distanciés, sont riches, denses, et ouvrent une parole libérée, différente, toujours singulière avec des mamans et des papas en quête de réponses, de doute, mais surtout, d’une profonde foi et d’une vraie prise de conscience, souvent résiliente. Ils me connectent aussi à l’Universel dans ce besoin d’offrir un espace de parole libérée, un lieu d’écoute et de partage, utile pour tous.

Ce matériel, à la fois filmé, audio, quel que soit le support utilisé, offre une matière inestimable et m’a donné l’envie d’aller plus loin dans la recherche. Je travaille pour le moment parallèlement à l’écriture du documentaire. 

L'équipe du projet

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Rose Denis

Rose est une actrice et auteure-réalisatrice belge. Installée auparavant plusieurs années à Paris, elle intègre le cursus pluridisciplinaire d’Acting International en actorat puis intègre l’Actors Factory. En tant qu’auteure et réalisatrice, elle étudie les langues et littératures romanes, la scénographie, les arts du spectacle puis se forme en réalisation. A la suite d’une première immersion créative, elle tourne son premier court-métrage, L’Appel du caribou. Seule et en co-écriture, elle écrit par la suite plusieurs scénarios de courts et longs métrages (Et si les murs pouvaient parler, Je le peux, La maison de poupée…), ainsi qu’une pièce de théâtre Meurtres à Cripple Creek qui reçoit en 2016 le Petit Molière ‘Meilleur spectacle humour’. Fin 2016, elle reçoit la Bourse coup de Foudre SACD pour le projet théâtral Donne-moi la mort dont j’ai besoin. Actuellement, elle travaille sur différents projets et notamment : en production pour son premier long métrage Petites filles, un film documentaire sur le deuil périnatal, des projets théâtres, en mise en scène (Rebirth) ou en tant qu'auteure et actrice (Fauve).

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Nastasja Saerens

Nastasja est cheffe opératrice, elle a tourné près d’une vingtaine de courts-métrages, une dizaine de documentaires, des clips, et un premier long métrage de fiction. La proximité que nous avons développé elle et moi lui permette d'avoir une lecture précise et très juste. C'est une collaboratrice précieuse, pleinement engagée depuis les débuts du projet. Dans cette démarche pour être au plus près de la sensibilité́ que je recherche, son oeil avisé ont beaucoup nourri mon travail. Sans elle, ce projet n'aurait pas pu se mettre en place de la même façon. Elle a été le déclencheur pour commencer ce chemin  à entreprendre ensemble, à deux, mais aussi avec les femmes que nous avons rencontré.

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Charlotte Cristin

Charlotte est une jeune réalisatrice, elle travaille actuellement en tant qu'assistante réalisatrice et à différents postes sur plusieurs séries et courts métrages. C'est grâce à son travail minutieux de retranscriptions des entretiens à distance et vidéo que la salle immersive de l'exposition sera possible.

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l'asbl Loup

Loup est le prénom que j'aurais voulu donné au bébé que j'ai perdu. Son nom est désormais celui de mon asbl qui a pour but d’encourager l’expression artistique singulière belge, la mise en avant de jeunes créateurs et la création de projets sortant des standards et du cadre classique (multi supports, multi médiums, thématiques sociétales complexes ou confrontantes,…) sous toutes ses formes, et d’en sensibiliser le public. Elle s’attèlera à favoriser le dialogue et la synergie entre différentes types d’arts.

Supported By

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Sea of Clouds - centre de flottaison & d'expérience sensorielle

Le lieu nous a accueilli gratuitement pour les entretiens filmés et les photographies et continue de nous soutenir en nous permettant d'exposer pour la première fois à Bruxelles... dans un espace singulier permettant une vraie expérience immersive et sensorielle complète.

Merci

UN MERCI TOUT PARTICULIER à toutes les mamans et les papas que j'ai rencontrés et qui m'ont fait confiance en partageant leurs histoires et expériences. Aux équipes médicales et aux associations avec qui j'ai commencé à travailler pour le film documentaire.

UN MERCI SUPPLÉMENTAIRE A IVAN GEORGIEV pour la création musicale sur la vidéo du crowdfunding.

Le chemin commence, grâce à vous toutes et tous.

Soutenir le projet

Les contreparties possibles

Soutenez le projet en apportant un don ou en achetant une des contreparties proposées : si vous choisissez d’acheter une contrepartie, précisez-moi laquelle vous intéresse dans l’ordre de votre virement ou à ce mail : rosedenis.pro@gmail.com

Soutenez-nous en payant par carte bancaire via Sumup ou Paypal

Ou en faisant un virement directement sur le compte de l’ASBL

BE46 3632 1222 5936 - LOUP ASBL 

Pour 15€ - Accès à l'exposition

Pré-réservez votre place pour visiter l'exposition.

Pour 45€ - Livre de l'exposition

Retrouvez l'intégralité de l'exposition photographique et des extraits de témoignages. Votre nom figurera dans les remerciements.

Reliure dos carré collé, format 21x29,7cm, pelliculage mat, papier classic offset non couché, grammage intérieur 90g, couverture couché mat 300g pelliculé. (livraison en Belgique comprise)

Pour 90€ - Accès à l'exposition & flottaison d'une heure

Pré-réservez votre place pour visiter l'exposition puis flottez une heure le jour de l'exposition (valable pour 1 personne) sur une ambiance sonore conçue sur-mesure.

Pour 140€ - Accès à l'exposition & flottaison à 2

Pré-réservez votre place pour visiter à 2 l'exposition + flottez 1 heure le jour de l'exposition (valable pour 2 personnes dans le même bassin/idéalement en couple) sur une ambiance sonore conçue sur-mesure pour l'exposition.